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| La société |
Organisation de l’espace communal
La Commune de Lokossa est divisée en cinq arrondissements : Agamè, Houin, Koudo, Ouèdèmè-Adja et Lokossa. Excepté Lokossa qui affiche l’allure d’une ville secondaire à caractère agricole, après qu’elle fut érigée en chef-lieu du Département du Mono, par décret n° 292/PCM/MI du 21 octobre 1960, l’ensemble de la Commune est rural. Même sur les quatorze quartiers de ville de Lokossa, sept sont à prendre comme urbains. Il s’agit de : Glo-Guinkomey, Agonvè-Sogbadji, Takon-Zohoungo, Ahouamey-Dékanmey, Saguè-Zounhouè, Agnivèdji et Tchicomey-Toguèmè.
Sept (07) autres à savoir Guèhounkon, Fongba, Doukonta, Zoungamey, Djèhadji, Atikpéta et Todoga sont à caractère rural à l’image des quatre arrondissements restants. De ce fait, ils ne sont pas encore touchés par le plan de lotissement en cours d’exécution dans l’arrondissement de Lokossa. Dans ces conditions, l’installation humaine se fait de façon anarchique aussi bien dans les arrondissements d’Agamè, de Koudo, de Houin, de Ouèdèmè-Adja que dans les sept quartiers périphériques de Lokossa urbain.
Les concessions sont en désordre, faites de cases en pisé, en chaume ou en paille. Quelques cases en terre de barre sont couvertes en tôles. La tendance actuelle est d’utiliser des matériaux définitifs comme des briques et des tôles. Cette tendance est plus nette dans Lokossa-Centre, où après les travaux de lotissement et de recasement, les constructions ont meilleure allure et sont de standing divers.
Organisation sociale traditionnelle
L’organisation sociale traditionnelle de la Commune de Lokossa, est à l’image de celle de Toffo. A maints égards, la Commune de Lokossa semble en être une transposition pure et simple.
La base de la pyramide sociale est la famille avec un régime patriarcal. Un regroupement de familles constitue la collectivité dont le chef porte le titre de « HINNOUGAN ». A la tête des communautés, on distingue des chefs de tribus appelés « Tohosu ».
Le peuple confère un respect remarquable à ces différentes autorités traditionnelles auxquelles il a recours en cas de litiges ou de conflits. La colonisation en apportant une petite modification à l’ordre existant a donné plus de pouvoir aux chefs de Canton et de village pour veiller sur l ‘organisation des travaux forcés et la récupération des impôts et taxes civiques. Les cantons de Lokossa, Gandjazounmè (Agamè) et de Ouèdèmè, tributaires du Cercle d’Athiémé ont connu des mutations défavorables à la sauvegarde du patrimoine traditionnel. De même, à partir du 30 novembre 1974, du fait de l’option marxiste léniniste prise par le régime révolutionnaire de l’époque, un coup d’arrêt fut donné au pouvoir traditionnel. La lutte contre la féodalité, l’obscurantisme porta un sérieux préjudice à cette hiérarchisation de nos sociétés traditionnelles, hiérarchisation que les multiples efforts à la revalorisation de nos traits culturels et de notre identité, n’ont pas réussi à rétablir.
Relation entre autorités administratives et traditionnelles
Le régime révolutionnaire n’admit pas la coexistence du pouvoir traditionnel aux côtés du pouvoir politique et administratif. A Lokossa comme partout au Bénin, des rois furent déchus de leur pouvoir, des chefferies dissoutes, des couvents détruits, des églises fermées. Partout, on prônait l’égalité sociale. C’était une période de désacralisation et de dévalorisation du patrimoine culturel.
Mais très tôt, face à des séries de calamités naturelles (inondations, sécheresse, mauvaises récoltes et surtout la famine de 1977), les autorités politiques et administratives durent renoncer à la « chasse aux sorcières ». Le langage politique se centra à nouveau sur la revalorisation de notre patrimoine culturel et sur la promotion de l’authenticité africaine. Le renouveau démocratique intervenu en février 1990 fut un tournant décisif dans le renforcement de la tendance vers une coexistence plus complémentaire et plus harmonieuse entre autorités administratives et traditionnelles. La belle illustration de ces relations complémentaires est l’appui matériel, voire financier qu’apportent les autorités communales aux chefferies traditionnelles pendant les manifestations culturelles et cultuelles annuelles (Vodoun, Yê, Koubibè, et Houétanou, etc.) Les notabilités traditionnelles en retour, sont présentes parfois même en préséance lors des manifestations officielles initiées par le pouvoir politique (fête de l’indépendance, séminaires, forum, ateliers etc.). Des réflexions sont même en cours pour la construction d’un musée historique et d’un palais royal à Lokossa et pour la restauration des forêts sacrées au niveau de toute la Commune.
Données démographiques
Le tableau démographique de la Commune de Lokossa suivant les données du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH 3) se présente de la manière suivante.
Tableau n°1 : Répartition spatiale de la population de la Commune de Lokossa
Arrondissements |
Population urbaine |
Population rurale |
population totale |
AGAME |
|
11 465 |
11 465 |
HOUIN |
|
6 362 |
6 362 |
KOUDO |
|
12 427 |
12 427 |
OUEDEME-ADJA |
|
9 857 |
9 857 |
LOKOSSA |
36 954 |
|
36 954 |
Total |
36 954 |
40 111 |
77 065 |
Source: RGPH3 / 2002 / Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE)
A l’analyse de ce tableau, on remarque que la population de la Commune de Lokossa est à prédominance rurale dans la mesure où dans l’arrondissement de Lokossa, près du tiers de la population est encore rural. La densité moyenne est de 296 habitants au km².
En s’intéressant aux groupes cibles, on remarque l’extrême jeunesse de cette population, les moins de 15 ans représentant plus de la moitié du total (52,1%). Cela constitue à la fois un facteur de dynamisme pour le développement, mais aussi un problème majeur de développement du fait des défis qu’il représente pour la scolarisation, l’accès aux soins de santé, à l’emploi, etc.
Organisation administrative
La gestion administrative est assurée par plusieurs services et structures : Services communaux, services déconcentrés de l’Etat et autres structures.
Services de l’administration communale
L’administration communale de Lokossa comprend dix (10) services ;
le Secrétariat Administratif (SA),
le Service des Affaires Générales (SAG),
le Service de l’Etat Civil (SEC),
le Service des Affaires Financières (SAF),
le Service du Développement et de la Coopération Décentralisée (SDCD),
le Service Technique (ST),
le Service des Affaires Domaniales (SAD),
le Service des Affaires sociales et Culturelles (SASC),
le Service de l’Information, de la Communication et de la Documentation (SICD),
le Service des Transmissions (STr).
Tous ces services sont placés sous l’autorité du Secrétaire Général qui en assure la coordination.
Services déconcentrés de l’Etat
Chef-lieu du Département du Mono, Lokossa abrite plusieurs services Départementaux et communaux qui sont des services déconcentrés de l’Etat.
- Niveau Départemental
En dehors des Ministères (Ministère des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine, Ministère Chargé des Relations avec les Institutions, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de Recherche Scientifique) tous les autres ont leurs démembrements Départementaux à Lokossa. Ainsi, on y distingue :
- La Préfecture qui abrite l’autorité de tutelle c’est à dire le Préfet représentant le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation (MISD).
- La Direction Départementale des Enseignements Primaire et Secondaire.
- La Direction Régionale de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.
- La Direction Départementale de la Santé.
- La Direction Régionale des Travaux Publics.
- La Direction Départementale de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme.
- Les services représentant le Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique.
- Le Centre d’Action Régionale pour le Développement Rural (CARDER).
- La Direction Départementale de la Famille, de la Protection Sociale et de la Solidarité.
- Les Directions représentant les Institutions de Sécurité (Direction Départementale de la Police Nationale, Direction Départementale de la Gendarmerie Nationale et Compagnie Départementale des Sapeurs Pompiers).
- La Direction Régionale des Télécommunications (DRT).
- La Direction Départementale de la Jeunesse, des Sports et Loisirs (DDJSL).
- La Direction Départementale de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion de l’Emploi (DDICPE).
- Direction Départementale des Impôts et Domaines.
- La Direction Départementale de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme (DDCAT).
- La Direction Départementale de la Prospective et du Développement (DDPD).
- La Recette des Finances.
L’existence de ces structures dans la ville constitue déjà des avantages comparatifs pour la Commune. Certaines de ces structures ont encore des représentations au niveau communal.
- Niveau Communal
Les services déconcentrés de l’Etat au niveau de la Commune sont :
- La Brigade Territoriale de Gendarmerie de Lokossa.
- La Brigade spéciale de Gendarmerie basée à Koudo.
- Le Commissariat de Police de la ville de Lokossa.
- La Recette des Impôts.
- La Recette-Perception.
- Le Centre de Santé de la Commune.
- La Recette des Postes et Télécommunications.
- La Subdivision des Travaux Publics.
- Le Sous-secteur Agricole.
- Le Centre de Promotion Sociale.
- La Coordination de l’Alphabétisation.
A tous ces services communaux et Départementaux, viennent s’ajouter d’autres structures d’appui et de financement qui interviennent dans la Commune.
Autres structures intervenant dans la Commune
Plusieurs autres structures d’appui et de financement sont implantées à Lokossa : ce sont, pour la plupart, des agences, des institutions de micro-finances, des ONG internationales et des projets. On peut citer entre autres, l’Agence de Financement des Initiatives à la Base (AGeFIB),Agence d’Appui pour la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (PAPME), la Fédération des Caisses d’Epargne et de Crédit Agricole et Mutuel (FECECAM), la Caisse Locale de Crédit Agricole et Mutuel (CLCAM), la FINANCIAL BANK, Plan Bénin, le Projet d’Appui aux Activités Génératrices de Revenus (PAGER), Projet d’Insertion des Sans Emplois en Agriculture (PISEA), Projet d’Appui au Développement Rural du Mono-Couffo (PADMOC), Projet de Développement
Source : Estimations DDSP Mono-Couffo
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